Extrait du texte introductif de de Joan Triadú

Comme le dit Karl Popper, il n’existe qu’un seul chemin qui mène à la science (…) : trouver un problème. Donc, dans notre survie collective nous l’avons trouvé. Il s’agit de nous expliquer à nous-mêmes, en tant que Catalans, que si nous sommes en quelque sorte des oubliés de l’Histoire ce n’est pas seulement – et c’est déjà bien assez- parce que nous avons subi des siècles d’oppression, d’amputation (Traité des Pyrénées de 1659) et pour finir de soumission totale (1714) ; c’est aussi parce que nous n’avons pas conscience de nous-mêmes et que nous laissons l’adversaire obtenir tout ce qu’il désire, c’est-à-dire, si nous poussons le raisonnement de Popper, trouver la solution la plus heureuse possible à son problème : la disparition de son adversaire, c’est-à-dire nous-mêmes.
Nous voudrions donc nous adresser à nous-mêmes, avec notre dignité retrouvée et notre identité reconnue, et aussi – comme le disait Aribau dans le vers de dédicace finale de son poème « A la patrie », « aux nôtres, aux autres et à la postérité ».